Mercredi 22 juillet 2009
3
22
/07
/Juil
/2009
15:37
Après les magnifiques réalisations de figurines napoléoniennes par DiD (
Frank,
George,
Bruce,
Angus, pour ne citer que ceux-là), Dragon avec son grenadier de la garde
Jean ou encore Ignite avec
Napoléon, voici que Soldier Story nous propose une pièce tout à fait remarquable, en l'espèce, une voiture
pièce de campagne de 12 du modèle 1764.
UN PEU D'HISTOIRE
L’énorme consommation d’artillerie des dernières guerres de Louis XIV avait amené le plus grand désordre dans le matériel de cette arme. Les calibres nombreux formaient un mélange confus de
systèmes français et étrangers. Il y avait, pour chaque calibre, des pièces longues, des pièces moyennes, des pièces courtes, des pièces en bronze, en fer, en fonte, des pièces à la suédoise, des
mortiers, des obusiers ; on utilisait des poudres, des projectiles, des voitures de tous modèles. Les années de paix du début du règne de Louis XV permirent aux officiers d’artillerie d’effectuer
les recherches scientifiques qui allaient amener la refonte du matériel.
Les opinions des différents théoriciens étaient incertaines et contradictoires : les uns voulaient une artillerie légère, les autres une artillerie lourde ; les uns voulaient le chargement à la
lanterne, les autres prônaient l’emploi des gargousses ; des systèmes d’affûts, de voitures de toutes sortes étaient proposés au conseil chargé d’étudier la réorganisation du matériel.
Une ordonnance royale du 7 octobre 1732 fixa les règles de construction du nouveau matériel, qui allait porter le nom de son auteur (système Vallière), durer, non sans quelques modifications,
jusqu’en 1765, reparaître en 1772, pour disparaître définitivement en 1774.
En 1763, un mémoire, fait pour le ministre de la guerre et soumis ensuite à l’examen de Gribeauval, examinait la situation du matériel d’artillerie à cette époque et débutait ainsi :
« La situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’artillerie est effrayante, et il est certain qu’il faut avoir du courage et de la fermeté pour en faire l’exposition : on ne sera cependant
point étonné de l’état de pénurie dans lequel est réduite cette partie essentielle du service, lorsqu’on saura que la guerre de 1741, pendant laquelle on a fait une quantité innombrable de
sièges, et livré chaque campagne une ou plusieurs batailles, ayant épuisé tout ce que l’on avait pu rassembler en tous genres dans les magasins et dans les arsenaux de l’artillerie, on s’est
trouvé pendant la paix qui a succédé à cette guerre et qui a précédé celle de 1756 hors d’état de pouvoir faire aucun rassemblement ni aucun approvisionnement faute de secours et de moyens, de
façon qu’on peut dire que ce qui a été consommé d’artillerie pendant la guerre dernière, chaque campagne, avait été construit et rassemblé à grands frais et sans choix l’hiver qui avait précédé
la campagne. »
Les améliorations réclamées pour le matériel portaient principalement sur les points suivants :
1° Fixation invariable des calibres de campagne et de siège ;
2° Composition d’un équipage de campagne pour une armée de 100 000 hommes. Proportion des équipages à la force des armées ;
3° Mode d’emploi du canon d’infanterie : doit-il rester avec l’infanterie ou venir combattre avec le parc d’artillerie ? Doit-il être servi par des canonniers ou par des soldats d’infanterie
?
4° Fixation du meilleur modèle pour les affûts ainsi que pour tous les accessoires d’artillerie. Uniformité de construction dans les arsenaux ;
5° Fixation des règles de construction pour les obusiers et leurs affûts ;
6° Fixation des règles de construction pour les mortiers et leurs affûts ;
7° Modèles de caissons ;
8° Fixation du vent des boulets, de la forme des gargousses, des cartouches, etc., etc., etc.
Gribeauval remania le matériel de manière à lui donner plus de solidité, de mobilité et d’uniformité et à obtenir une plus grande rapidité et une plus grande justesse de tir. L’idée sur laquelle
est basée toute son organisation est l’établissement d’un matériel distinct pour chacun des services de campagne, de siège, de place et de côte. A la suite de la commission de Strasbourg (1764),
il est décidé de limiter les pièces d'artillerie de campagne aux calibres de 12, de 8 et de 4. Les pièces de 16 et de 24 appartenant désormais à l'artillerie de siège.
La réforme de 1765 permettra à l'artillerie française d'allier, sur le plan tactique, puissance de feu et mouvement. Le matériel défini par Gribeauval restera quasiment inchangé sous la
Révolution et le Premier Empire. Artilleur de formation, Bonaparte fera une utilisation remarquable de ce matériel, par exemple lors du siège victorieux de Toulon contre les Anglais en 1793, qui
lui vaudra sa nomination au grade de général et marquera le début de sa prodigieuse ascension. Lors des batailles de la fin de l'Empire, l'artillerie jouera un rôle sans cesse croissant comme en
témoignent les impressionnantes concentrations de feux réalisées par Napoléon : 70 000 coups tirés par l'artillerie française à Wagram en 1809, plus du double à Leipzig en 1813.
REVUE DE DETAIL
Le modèle représenté ici constitue une pièce emblématique du système de Gribeauval. Il s'agit d'un canon de 12 livres (du poids du projectille tiré) sur affût, attelé à un avant-train à timon. La
voiture-pièce est équipée de son coffret de munitions encastré dans les flasques de l'affût, lui assurant une grande autonomie (18 coups prêts à l'emploi sous forme de cartouches à boulets et de
boîtes à mitraille). Le modèle présenté est accompagné de ses accessoires : tire-bourre, refouloir, lanterne (ou cuillère), écouvillon, seau et leviers de manoeuvre. Une fois dételée de son
avant-train, la pièce est mise en batterie et chargée par ses servants. Le pointage est effectué au moyen d'une hausse de tir axiale réglable. Utilisé pour la première fois au cours de la guerre
d'Indépendance américaine (1776-1783), ce matériel est l'un des instruments essentiels des armées de la Révolution et de l'Empire.
La pièce de 12 une fois détachée de son avant train et placée en position de tir. On aperçoit les accessoires tire-bourre, refouloir, seau et leviers de manoeuvre (en position pour permettre de
manoeuvrer la pièce).
L'avant train et son timon permettant l'attelage des 6 chevaux nécessaires à la traction de la pièce
Détails du coffret de munitions destiné à être encastré dans les flasques de l'affût
Les boulets sont également fournis et pourront être rangés dans le coffret à munitions
Bien visibles sur cette photo les deux encastrements pour les tourillons, l’un pour la position de tir l’autre, destiné à la position de route et situé quatre calibres en arrière du premier, afin
de mieux répartir le poids entre les deux trains. Visible également, la lumière du canon.
La position du coffret de munition situé près de l'entretoise de crosse
Fabriquée en bois et métal, elle atteint un degré de réalisme frappant comme en témoigne cette version avant peinture de la pièce !
Bref, un succès complet pour cette magnifique et massive pièce de 12 dont l'original pesait près de 1850 kilogrammes et était manoeuvré par 11 à 15 hommes. Idéale pour réaliser un dio de grande
taille !
sur le produit le permet(tube en acier, ce qui ouvre des possibilités ) au vue des photos le détail est juste!
merci des éventuelles réponses. j-m viscaino